Pourquoi la journée vole

Cités, patries et provinces sont trop infatuées ou désuètes pour accueillir la naissance du poète et en décider l’annexion.

Le poète s’appuie, durant le temps de sa vie, à quelque arbre, ou mer, ou talus, ou nuage d’une certaine teinte, un moment, si la circonstance le veut. La double nature de la douleur lui donne l’essor. Son amour, son étreinte, son bonheur n’ont-ils pas leur équivalent dans tous les lieux où il n’est pas allé, où jamais il n’ira, chez les étrangers qu’il ne connaîtra pas ? Quand on élève la voix devant lui, quand on le presse d’accepter des égards qui retiennent, si l’on invoque à son propos les astres, il doit répondre qu’il est du pays d’à côté, du ciel qui vient d’être englouti. Le poète vivifie, puis court au dénouement. Très vieux, malgré sur sa joue plusieurs fossettes d’apprenti, c’est un passant courtois qui brusque les adieux pour être là quand le pain sort du four.

René Char

Mercure de France, août 1954

repris dans

Char, dans l’atelier du poète

Quarto Gallimard

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avec Angèle (un peu)

Vers la ferme du marais, elles marchent à pas lents, main dans la main, celle d’Angèle, petite, douce et chaude dans celle de madame Vasseur, crevassée par les travaux ménagers d’une longue vie. Elles ne disent rien, mais leurs pensées s’accordent, tournées vers ce jeune chien, anticipant le plaisir de découvrir l’animal, puis de l’amener vers son nouveau foyer. Ensemble, souriantes, la veuve et la fillette avancent sous la voûte de briques rouges, porche d’entrée qui donne accès à la grande cour carrée, le tas de fumier au milieu, les étables et la grange sur les côtés, puis, dans le fond, l’habitation d’Arthur Desprez et de sa famille.

«Tu m’emmerdes ! Charogne ! Saloperie de bidet !» Un homme vociférant s’acharne ) coups de fouet sur un cheval attelé à un tombereau débordant de fumier. La malheureuse bête immobilisée par la charge ne peut que secouer la tête pour éviter les coups. Angèle lâche la main de madame Vasseur et s’approche de la scène. Le garçon de ferme continue à frapper. Il donne même un coup de botte dans la patte arrière. Angèle tombe sur les pavés de la cour, comme si c’était elle qui avait reçu le choc. A genoux, gémissant, elle cache dans ses mains, son visage larmoyant. Attiré par cette agitation inhabituelle, le fermier arrive en même temps que Lucette Vasseur près de la petite. Instantanément, le commis se calme et enfonce le manche du fouet dans son logement à l’avant de la charrette. Monsieur Desprez, blanc comme un linge, soutient Angèle, puis se redressant de toute sa taille, s’adresse à son employé. «Trop, c’est trop ! Je t’avais prévenu. Tu vas immédiatement à la maison demander à ma femme de faire ton compte. Estime-toi heureux que je ne te traite pas comme tu as traité mon cheval.» Les dents serrées, il saisit l’homme par l’épaule et le pousse à l’écart sans ménagement. «Ouste ! Et ne remets plus un pied ici !» Angèle écrase son visage contre le ventre de la vieille dame qui lui caresse les cheveux. Quand la petite relève la tête, on voit avec beaucoup d’étonnement une longue marque rouge qui traverse son front et sa joue droite. Comment est-ce possible ? Elle n’était pourtant pas près du fouet…

Lucien Suel

Angèle ou le syndrome de la wassingue

Editions Cours Toujours

la vie rêvée des choses

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Mais quand même c’est grave

J’étais en train de débattre intérieurement pour savoir si cela était une si bonne idée que cela d’emmener Emile au restaurant japonais au buffet à volonté, même les brochettes, est-ce que cela n’allait pas lui envoyer un signal contradictoire, comme de le récompenser d’un mauvais comportement, mais était-ce un mauvais comportement ? Etait-ce un mauvais comportement de se faire casser la gueule ? D’ailleurs Emile m’avait bien fait rire en sortant du commissariat en me demandant si quand même, je n’avais pas trop honte de lui parce que quand même il s’était fait casser la gueule par un manchot et que quand même pour un rugbyman comme lui, c’était quand même la honte. Non, Emile, avais-je ri, non, ce n’est pas la honte. Je préfère comme ça. Comme ça quoi ? demanda Emile. Je préfère que tu ne sois pas la personne qui a démarré la bagarre. Mais là tu te demandes si j’ai le droit d’aller au restaurant japonais ? Oui, c’est ça Emile. Tu te dis que si je n’avais pas demandé une cigarette dans la rue à quelqu’un je ne me serais pas fait agresser et que quand même c’est grave que je me sois fait agresser, c’est plus grave que de demander une cigarette dans la rue non ? Oui, Emile, c’est nettement plus grave, mais c’est quand même grave de demander des cigarettes dans la rue comme tu le fais chaque fois que tu sors de la maison. Tu t’en rends compte Emile ? Oui. Tu t’en rends compte que de demander des cigarettes dans la rue à ton âge, cela te rend vulnérable ? Qu’est-ce que cela veut dire vulnérable ? Et bien que cela te met en danger. Tu veux dire qu’on se rend compte qu’il y a quelque chose qui cloche et du coup on se dit que peut-être on va pouvoir profiter de moi. Oui, Emile, c’est exactement cela. Et du coup tu ne sais pas si tu vas m’inviter au restaurant japonais, tu ne sais pas si je le mérite, mais c’est quand même grave que je me sois fait agresser, mais ça c’est quand même pas ma faute, c’est quand même plus grave d’agresser quelqu’un dans la rue que de demander des cigarettes ?

Philippe De Jonckheere

Raffut

Inculte

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L’Apparition (fragment)

Plus un instant qui n’appartienne à l’Apparition. Ce n’est pas le spectacle de leur temps, c’est un surgissement, l’unité, le renouement. On oublie les cultures, on oublie les vieux, les bêtes ; le quotidien, c’est l’attente du miracle. A l’assaut de la nuit la foule trépigne, les lucioles des lampes trouent devant, les bruits gonflent, les fillettes, écume de la vague projetée, arrivent à bon port.

Les étoiles fondent, on n’y voit plus. Le troupeau suit la corde pour trouver son chemin. Les masses de lumière soulèvent les pélerins, les dressent, les accrochent au sommet les effondrent les remontent. Une main brûlée sur la corde, l’autre tenant une branche de bourgeons, l’espoir, le micro, ils approchent.

Petra Piera Pierette s’arrêtent net, emportées par l’élan de leur course les autres les dépassent, doivent revenir en arrière, pressés, vaguement honteux.

Il n’est qu’à les voir qu’à les approcher

S’y risquer

Devenir un sujet à part entière en passant par là

Radio suspendue au cou

Retransmission en direct

Ici Bas en haut, en bas

Appartenir à l’actualité

En être le coeur

Au coeur

Perrine Le Querrec

L’Apparition

Lunatique

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un peu de la crise de 2008

Dans Science, nouvelle carte des zones océaniques mortes par Robert Diaz (Institut des sciences marines, College of William and Mary de Virginie, Etats-Unis) et Rutger Rosenberg (département de l’écologie marine, Université de Göteborg, Suède). Il y en a plus de 400 sur les côtes, elles couvrent 245000 km2. Ces zones sans oxygène. Dans une zone morte les huitres, les moules, les coraux et autres fixés aux rochers, meurent sur place. Quand le taux d’oxygène dissous dans l’eau passe en dessous de 30% du seuil de saturation, les crevettes, les langoustes sont trop lentes pour fuir, des poissons asphyxiés perdent connaissance et tombent de l’eau avant d’avoir fuit.

Il y a l’explication classique : eaux ruisselantes des champs de maïs, de soja, etc., chargées d’engrais qui nourrissent les algues qui se décomposent et font proliférer les bactéries qui consomment l’oxygène. La nouveauté c’est qu’il y a de plus en plus d’observations qui montrent que le phénomène est aggravé par le réchauffement de l’atmosphère. Celle-ci réchauffe les eaux de surface ; il y a alors moins de courants verticaux qui échangent l’eau froide du fonds, oxygénée, avec l’eau de surface.

D’autres conséquences de ce réchauffement des eaux : avec l’oxygène les eaux profondes froides apportent des nutriments nécessaires à la vie du phytoplancton, ces minuscules plantes en suspension, on ne les distingue qu’au microscope, diatomées aux coquilles transparentes, dinoflagellées à deux flagelles qui descendent chercher des nutriments, remontent en surface chercher de la lumière. Moins de courants verticaux, moins d’oxygène et de nutriments remontés, finalement, les masses de phytoplancton diminuent.

Or, le phytoplancton est la base de la chaîne alimentaire : il est mangé par le zooplancton qui est mangé par les poissons de tailles de plus en plus grandes. Et le phytoplancton absorbe le CO2, donc amortit le réchauffement global. Surtout, le phytoplancton produit la plus grande partie de l’oxygène de l’air. C’est notre air. C’est le risque existentiel.

On ne voit pas grand-chose. C’est insensiblement que la composition de l’air change. Les pêcheurs de crevettes voient la taille des bestioles diminuer, leur nombre surtout diminuer, ils n’ont bientôt plus assez à vendre, ils quittent la pêche, qui s’en soucie ? Ce ne sont que des petits. Et puis, il y a des fermes de crevettes et abondance de crevettes de culture dans les super-marchés – la catastrophe est masquée, l’échéance repoussée.

Laurent Grisel

Journal de la crise de 2006, 2007, 2008,

d’avant et d’après

publie.net

https://www.publie.net/livre/journal-de-crise-2008-laurent-grisel/

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Le compagnon imaginaire de la voix maternelle

Tout survivant a besoin de son compagnon imaginaire. La compagne imaginaire est la voix plus ancienne que soi. Tout enfant a eu une mère. C’est ainsi que chaque pensée a sa Sirène. Le mot psyché en grec veut dire souffle. Comment le petit naissant, brusquement gagné au Souffle par le cri qui le fait palpiter en sortant du premier royaume, reconnaît-il le corps perdu dont il provient ? Par l’audition de la voix de ce corps. Tel est le fil d’Ariane psychique. La «voix de la mère» peut devenir «langue maternelle», dix-huit mois plus tard, parce qu’elle fut, neuf mois durant, le soprano de la femme qui portait le foetus et qui l’enveloppait de sa cadence et qui l’insérait dans son chant. Dans le nouveau monde, sur la rive de la lumière, c’est à sa voix, à son timbre, à son intensité, à son débit, à son rythme, que le nourrisson reconnaît sa mère dans le premier «objet» immense qui se tient devant lui à contre-jour, dans son grand manteau sombre : volume et forme que jusque-là il n’a jamais vus et qui se penchent au-dessus de lui mais qui parlent d’une même voix, nettement plus ancienne que toutes les apparences. Le seul objet survivant du premier monde où il vivait enfoui, immergé dans l’eau de son outre, est cette voix qui désormais passe par l’air pour parvenir à lui. Ce qui liait le foetus à la femme gravide vient relier le nourisson à la femme paturiente puis l’enfant à la mère. Le fil d’Ariane est cette voix perdue qui revient, cette reliaison qui survit à l’extraordinaire métamorphose animale et qui en apaise la violence et qui en suspend le traumatisme. De là le lien indivisible entre la musique et la pensée. La voix est ce qui conduit de la caverne utérine à la caverne céphalique. Telle est la sirène qui accompagne la pensée comme le chien le chasseur, comme le faucon le chevalier, comme le taureau Parsiphaé, comme la lune le soleil, comme Ariane Thésée.

Pascal Quignard

Mourir de penser

Gallimard – folio

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La terre reprise sur Tohu et Bohu

On gagne cent arpents par saison, et maintenant après les labours sur les plus vieux atterrissements on fait lever des fèves, des blés. Là où Hugues est mort, ça reste un pré, et Eble croit voir qu’à l’endroit où fut répandu le sang, l’herbe est plus drue. Les gros crépuscules sont rouges, ou sagement tombent mouillés dans la bruine. On a enfin de grosses cloches profondes venues de Limoges sur l’eau, avec gravé tout autour : Benoît, évêque, à Eble, abbé. L’orage parfois passe, la foudre bleue brise les grands bras levés des charrues. Eble, cela ne le concerne plus. Il reste des heures assis, dans le chapitre ou le cloître, sur l’herbe du pré. Il laisse au Prieur le soin de distribuer les tâches, de s’enorgueillir des succès et de pleurer les échecs. L’étoupe ternit, la mémoire est lasse, elle ne démêle plus Hugues d’avec Benoît, d’avec Guillaume, d’avec Denis qui est arrivé il y a deux ans ou trois, qui est clerc et dont la voix vibrante couvre les autres voix. Elle ne démêle pas non plus la femme des marais d’avec la vicomtesse de Chalus, d’avec Adélaïde ou Mathilde jadis pénitentes et avides, toutes traversées de foudre, dénudées et en plaies, en cris. Tout cela se donne la main et danse devant lui, s’accouple, s’entretue, s’embrasse. Toutes choses sont muables et proches de l’incertain. Parfois il a un petit rire solitaire, plutôt gai : il pense à la gloire, et qu’assécher des terres est comme bénir les foules avec l’anneau violet, c’est de la gloire sans doute, ce sont des lampes très précaires que le boisseau recouvre vite, elles s’allument ailleurs. Le crépuscule rouge ne bouge pas, on sait où il s’allume sans varier, et au principe de cette gloire invariable il n’y a aucun homme mort ni vif. Eble s’entend bien avec la mort qui va venir, elle est dans la ronde, elle n’est pas glorieuse.

Pierre Michon

Abbés

Verdier

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en Judée

Au sommet de la colline, en arrivant à Agor, Henry arrêta la voiture sur le bas-côté, et nous sortîmes admirer le point de vue. Parmi les ombres qui s’allongeaient, le petit village arabe, au pied de la colonie, était infiniment moins triste et moins désolé que quand nous avions traversé, quelques minutes plus tôt, sa rue principale vide. Dans le couchant du désert, même ce ramassis de masures aveugles prenait un relief pittoresque. Quant au panorama, sous cette lumière surtout, on comprenait bien qu’il ait pu donner l’impression d’avoir été créé en sept jours seulement, contrairement à l’Angleterre, par exemple, dont la campagne semble l’ouvrage d’un Dieu qui aurait eu tout loisir de revenir quatre ou cinq fois sur son oeuvre pour la peaufiner, la lisser, la domestiquer, l’assagir tant et si bien que hommes et bêtes jusqu’aux derniers la trouvent parfaitement habitable. La Judée au contraire semblait restée en l’état ; on était plus tenté d’y voir un bout de Lune où les Juifs auraient exilé leurs pires ennemis par sadisme que le lieu qu’ils revendiquaient passionnément comme leur bien exclusif depuis des temps immémoriaux. Ce qu’il trouve à ce paysage, me disais-je, correspond à l’idée qu’il veut donner de lui désormais, celle du pionner rude et buriné, avec un pistolet dans sa poche.

Bien entendu, il pouvait penser le même genre de chose de moi, qui vivait à présent là où tout est à sa place, où le paysage est cultivé depuis si longtemps et la densité humaine si forte que la nature ne risque pas de reprendre ses droits, décor idéal pour un homme en quête d’ordre domestique, et, arrivé à mi-parcours, désireux d’une nouvelle vie dont l’échelle le satisfasse. Mais au sein de ce paysage inachevé, comme extraterrestre, qui attestait dans son crépuscule théâtral qu’il existe un Sens hors du Temps, on pouvait s’imaginer renaître sur l’échelle maximale, celle de la légende, celle de l’héroïsme mythique.

Philip Roth

La contrevie

traduction par Josée Kamoun

Gallimard

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Ils vivent sur terre…

Ils vivent sur terre comme je vis sur terre, et le vent continue ses rafales, et le soleil conquiert la montagne, et en bas de la terrasse, au bord du large étang, les roseaux ondulent au rythme des rafales, comme dans un film japonnais que j’ai vu il y a très longtemps, un film sombre & dramatique, une poule d’eau gracile & solitaire zigzague dans l’eau, l’existence amphibie semble beaucoup lui plaire, elle est visiblement insouciante et enjouée, aucun prédateur ne l’a jamais inquiétée, et moi je suis à bonne distance, n’interfère en rien dans ses batifolages, de temps en temps elle plonge, disparaît pour quelques secondes, puis ressurgit un peu plus loin, s’ébroue et continue son allègre pédalage, elle est célibataire et cela lui convient, la poule d’eau n’est pas grégairement canard, elle se suffit à elle-même, et les passereaux sur la rambarde crécellent de nouveau, parce que je suis là, le mâle tient dans son bec une nouvelle ramille, le nid n’est sans doute pas fini, je suis là, à ma table, sous le lustre, dans le matin venteux, avec mon cahier, à noter mes balivernes sur la vie, sur la vue, sur la petite perle noire et sur le regard du passereau et sur le mien, la massive majestueuse montagne que je regarde tout le temps, et mon émerveillement infiniment mélancolique qu’il y ait à voir tout cela, l’énigme absolue de l’existence du monde.

Lambert Schlechter

Monsieur Pinget saisit la râteau et traverse le potager

Le Murmure du monde / 6

Editions Phi

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ça a duré dix ans…

Nous ne vous laisserons pas un instant de paix, tant que vous vacillerez. Ça a duré dix ans, ça vous a transformés, vous êtes plus retors encore aujourd’hui que vous étiez hargneux hier, et nous sommes vaincus, et nous avons plié, et nous ne cessons pas de chercher dans nos coeurs, le pli de nos cerveaux, les méandres de nos émotions, ce qui a fait l’échec, la part que nous y avons eue, nous sommes des hommes qui prennent leurs responsabilités morales. Uomini e no. Vous, hommes de ces Etats, petits et grands, de ces Eglises, de ces palais et de ces officines, décisionnaires et exécutants, pas un instant vous n’avez songé, en proclamant ouvertes ces belles saisons de bals, à ceux qui s’engouffrèrent joyeux entre les grandes portes des salons d’apparat où brillaient les orchestres pour en sortir en sang, démembrés et aveugles, criblés de bris du verre de la raison d’Etat, jamais vous n’avez éprouvé fût-ce l’ombre d’un regret, nécessité fait loi. Francesco Cossiga, cinquante ans au moment de l’affaire Moro, soixante-dix huit quand il raconte l’histoire, ministre de l’Intérieur et pilote de l’Etat italien, en tandem avec Andreotti, au long de cet enlèvement, de cette séquestration, de cet assassinat qui de toute évidence arrangea bien des gens, ose dire face caméra le souci terrible que lui a donné cette affaire, la perte de son ami l’onorevole Aldo Moro, exhiber les plaques blanches sur les mains et les bras comme preuve de cette peine extrême, infinie, indélébile inscrite à même son corps…

Mathieu Riboulet

Entre les deux il n’y a rien

Verdier

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