un peu de la crise de 2008

Dans Science, nouvelle carte des zones océaniques mortes par Robert Diaz (Institut des sciences marines, College of William and Mary de Virginie, Etats-Unis) et Rutger Rosenberg (département de l’écologie marine, Université de Göteborg, Suède). Il y en a plus de 400 sur les côtes, elles couvrent 245000 km2. Ces zones sans oxygène. Dans une zone morte les huitres, les moules, les coraux et autres fixés aux rochers, meurent sur place. Quand le taux d’oxygène dissous dans l’eau passe en dessous de 30% du seuil de saturation, les crevettes, les langoustes sont trop lentes pour fuir, des poissons asphyxiés perdent connaissance et tombent de l’eau avant d’avoir fuit.

Il y a l’explication classique : eaux ruisselantes des champs de maïs, de soja, etc., chargées d’engrais qui nourrissent les algues qui se décomposent et font proliférer les bactéries qui consomment l’oxygène. La nouveauté c’est qu’il y a de plus en plus d’observations qui montrent que le phénomène est aggravé par le réchauffement de l’atmosphère. Celle-ci réchauffe les eaux de surface ; il y a alors moins de courants verticaux qui échangent l’eau froide du fonds, oxygénée, avec l’eau de surface.

D’autres conséquences de ce réchauffement des eaux : avec l’oxygène les eaux profondes froides apportent des nutriments nécessaires à la vie du phytoplancton, ces minuscules plantes en suspension, on ne les distingue qu’au microscope, diatomées aux coquilles transparentes, dinoflagellées à deux flagelles qui descendent chercher des nutriments, remontent en surface chercher de la lumière. Moins de courants verticaux, moins d’oxygène et de nutriments remontés, finalement, les masses de phytoplancton diminuent.

Or, le phytoplancton est la base de la chaîne alimentaire : il est mangé par le zooplancton qui est mangé par les poissons de tailles de plus en plus grandes. Et le phytoplancton absorbe le CO2, donc amortit le réchauffement global. Surtout, le phytoplancton produit la plus grande partie de l’oxygène de l’air. C’est notre air. C’est le risque existentiel.

On ne voit pas grand-chose. C’est insensiblement que la composition de l’air change. Les pêcheurs de crevettes voient la taille des bestioles diminuer, leur nombre surtout diminuer, ils n’ont bientôt plus assez à vendre, ils quittent la pêche, qui s’en soucie ? Ce ne sont que des petits. Et puis, il y a des fermes de crevettes et abondance de crevettes de culture dans les super-marchés – la catastrophe est masquée, l’échéance repoussée.

Laurent Grisel

Journal de la crise de 2006, 2007, 2008,

d’avant et d’après

publie.net

https://www.publie.net/livre/journal-de-crise-2008-laurent-grisel/

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour un peu de la crise de 2008

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