La fin de la couleur du lait

mais il y a encore une chose que j’aimerais dire.

chaque jour que le soleil se lève mon ventre grossit.

depuis que j’ai commencé à écrire, j’ai l’estomac qui se soulève.

je sais que je porte un enfant.

si je leur dis ils me garderont ici derrière cette porte fermée pour le restant de mes jours, ils me prendront le bébé et je ne le verrai plus.

je ne les laisserai pas faire.

alors je me tais.

ils peuvent m’emmener.

je sais ce qu’ils vont me faire. ils vont me passer une corde autour du cou comme j’ai mis le fil autour du sien. et quand je serai morte mes jambes se balanceront au dessus de la foule.

et mon bébé mourra avec moi, en moi.

mon bébé restera toujours auprès de moi. ses cheveux auront peut-être la couleur du lait mais ils ne seront jamais souillés par le sang.

à présent j’ai fini et je n’ai plus rien à vous dire.

je vais écrire ma dernière phrase et je vais prendre le papier buvard pour que les gouttes d’encre au bout de chaque mot ne fassent pas de tache.

et après je serai libre.

Nell Leyshon

la couleur du lait

traduit de l’anglais par Karine Lalechère

10/18 – Phébus

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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