sur le cahier rouge

 

Dents qui se déchaussent.

*

Je vais d’île en île. Je connais des territoires dont personne n’a idée.

*

J’entends à l’ouest le vent qui s’accumule au dos des montagnes, il monte, monte comme l’eau d’un barrage, puis il déborde, déboule en sauvage, s’étire le long des fjords, arrive en hurlant et dévaste tout.

*

Parfois je reste deux jours au bord du lac sans nom, tout là-haut, au-delà des deux collines. Les animaux ne me voient même plus.

*

Je me tiens droit entre immensités froides qui lavent les yeux et mini-conciliabules d’araignées. J’entends aussi bien la furie du monde que l’inaudible cheminement des iules. Je colle mon oreille à la terre, attends quelques heures, et la succession des épeires, l’avancée méthodique des vers de terre, la sèche mécanique des fourmis emplissent l’univers avec autant de puissance que la sauvagerie des vents ou les pluies violentes de haute mer.

Christian Garcin

Selon Vincent

Babel

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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