entre flux et reflux

 

Quand les mots deviennent flasques

dans les bouches mensongères

je rentre en moi-même, rétrécis

me recroqueville et m’amenuise

J’évite toutes les sinuosités du chemin

et sa viscosité humaine

Dans ma frayeur, je recule et me garde

de louvoyer avec le mercure

Je me retiens pour ne pas glisser

Je plante fermement mes pieds dans la terre savonneuse

Je serre mes poings, ne les ouvre pas

Je répugne à palper les choses, les rictus

me répugnent, et j’abjure le renard fait homme

.

Mais quand un enfant

m’étreint et caresse mon visage fatigué

avec sa joue de velours, ses paumes douces,

ses doigts de lis

où nulle serre n’a poussé

Quand ses yeux se penchent sur mon coeur

comme un ciel lavé à l’aube fraiche

par des anges de lumière

mon coeur se desserre

grandit

Toutes les murailles

s’échappent de mon coeur fermé…

Fadwa Touqane

dans La poésie palestinienne contemporaine

traduction par Addellatif Laabi

Bacchanales n°27

Revue de la Maison de la Poésie Rhône-Alpes

Le Temps des Cerises

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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