les femmes et la fin du monde

 

Il n’est pas douteux que, sans la femme, l’humanité manquât de ce sens tout particulier, indéfinissable, indéfini, qu’on peut appeler vaguement le sens du beau. Il demeurerait toujours au fond de l’âme, à l’état latent, inutile, ignoré, n’ayant aucune occasion de se révéler. Faites une uchronie particulière ; figurez-vous la société humaine soumise, quant à sa reproduction, à des lois plus simples que celles de la Genèse actuelle et privée de ce type primordial, de ce spécimen unique du beau, que la Providence a voulu attacher à la conservation de l’espèce. Le développement de l’esprit masculin se serait produit tout entier dans la direction des appétits matériels, des besoins immédiats ; l’âme serait restée dans le demi-jour des combats quotidiens pour la subsistance : la vie de la brute supérieure. Elle se serait abîmée à travers le cours des âges, faute de ce rayon sauveur, perçant les ténèbres épaisses. En admettant que l’humanité eût pu vivre et durer au sein d’une atmosphère aussi étouffée, elle conclurait maintenant dans l’abâtardissement définitif d’une civilisation qui serait un simple raffinement de barbarie.

Edmond Texier

Calman-Lévy1877

repris dans

une autre histoire du monde

2500 ans d’uchronies

textes présentés et réunis par Philippe Ethuin

ArchéosF – publie.net

https://www.publie.net/livre/une-autre-histoire-du-monde-2500-ans-duchronies/

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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