Mon cher Théo

 

Arles, 13, 16 et 28 juin

Mon cher Théo,

Un Cézanne me revient en mémoire, La Moisson, qui donne tout le côté âpre de la Provence. En juin, la nature commence à être brûlée. Dans tout il y a du vieil or, du bronze, du cuivre dirait-on ; avec l’azur vert du ciel chauffé à blanc, cela donne une couleur délicieuse excessivement harmonieuse avec des tons rompus à la Delacroix. En revenant des champs avec ma toile, je me dis : Tiens ! voilà que je suis arrivé à des tons pareils.

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J’ai eu une semaine d’un travail serré et raide dans les blés en plein soleil, il en est résulté des études de paysages et une esquisse de semeur. Sur un champ labouré, un grand champ de mottes de terre violettes montant vers l’horizon, un semeur en bleu et blanc. Sur tout cela un ciel jaune avec un soleil jaune. Mon désir de faire un semeur date depuis si longtemps, mais les désirs ne s’accomplissent pas toujours. J’en ai donc presque peur.

A bientôt j’espère. Poignée de main et succès avec ton exposition.

Bien à toi. Vincent.

Vincent van Gogh

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