écrire l’intime

 

Il existe une figure de style appelée prétérition. Elle consiste je crois à révéler une chose qu’on voudrait garder à secrète. A désigner ce qu’on se promet de taire. Cette figure m’a longtemps fasciné – c’est ma soeur qui me l’a apprise, je me souviens même de l’exemple qu’elle me donna, sans doute tiré d’une pièce de théâtre : Je ne te dirai pas que la clé est cachée sous mon chapeau. Je devais déjà sentir à l’époque qu’elle était comme une vérité de l’écriture, laquelle soigne tellement son crochet qu’elle finit toujours par flanquer son poing dans la gueule de l’essentiel.

Je considère tout ce qui est intime comme réclamant la plus violente exécution. Ce qui, on le devine, pourrait fort bien attirer l’attention de ce indiscret qu’est le lecteur. Mais, si la chose est perpétrée lestement, j’aime à penser qu’il se produit comme un mirage : on voit le sang gicler, on entend claquer les tendons du cou, crisser les os de la colonne, mais sans jamais voir le sourire du monarque.

Claro

Hors du charnier natal

inculte / dernière marge

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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