Elle parle sa mort


Cette saloperie de chimio !

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Elle ne veut pas entendre cette manière de parler.

Elle ne veut pas d’un vocabulaire souvent dramatisant, négatif ô combien. — La chimiothérapie n’est pas «une saloperie» qui «ruine», c’est une médication qui peut soigner.

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Je veux entendre parler avec une autre langue, d’autres mots.

Je veux que les mots qui nous servent à nous parler laissent la place à la confiance, à la douceur, et s’il s’agit de parler de choses qui nous effraient, que nous le disions, juste, sans en rajouter.

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Je parle de la mort.

Elle parle de la mort.

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Je parle ma mort — seule manière de la vivre — même lointaine —, est-elle si loin ?

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J’ai peut-être déjà, sans le savoir, refermé un livre que je ne rouvrirai plus, déjà dit adieu à quelqu’une, à quelqu’un, sans le savoir.

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Elle parle sa mort, non probable, non possible, mais certaine, cancer ou pas.

Maryse Hache

passée par ici

publie.net

http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371771147

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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