Sur la table – Murièle Modély – fragment

Les filles à l’intérieur ne débordent jamais

elles chauffent, éclatente, on ne les entend pas

.

elles sont ceintes, tendues, droites, dans les nervures du cerveau

elles explosent, l’une ou l’autre, l’une et l’autre, dans de tout petits pop

.

les filles du dedans sont solidement scellées aux os par des agrafes

elles sont le continuum, les cris qui miaulent à l’envers de la peau

.

elles sont les acouphènes noyés sous le désordre du dehors

les claquements de talons qui cèdent et font si joliment tanguer

.

les filles à l’intérieur pourtant, ne son rien, non vraiment rien

que des petits bouts de métal qui rouillent, de la chair émiettée

.

.

Mais dehors

le pied à peine posé

pointe talon talon pointe

.

dehors

sous ton manteau noir

ta robe encore plus noire

ces étoffes de plomb

qui ne protègent rien

.

dehors

un éclair de soleil se plante dans ta jambe de rousse

ta frousse dehors ta peau ta peine léchées

mordues par le froid du matin

.

dis-moi

dis-moi dehors

les entends-tu encore doucement grésiller ?

Murièle Modély

sur la table

illustrations Maxime Dujardin

Editions QazaQ

http://www.qazaq.fr/pages/sur-la-table/

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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