Pollock (fragments)

Pollock est prêt. Devant l’atelier, c’est novembre. Pollock est novembre. Pollock s’est levé d’abord ou peut-être qu’il n’a pas. Pollock n’a pas dormi sans doute. Pollock jette sa clope. Et Pollock ce matin me dit merde. Sale nuit, sale tête. Les yeux cramés, la chemise noire. Pollock ne fait plus l’effort. Il crache le mégot qui s’éteint sur sa lèvre. Pollock me crache à la gueule ce matin, Pollock me dit merde de sa langue bien mâchée. Il faudra faire sans Pollock certains jours.

.

Pollock n’enfile pas sa grolle, quelque chose brille au fond. C’est pas la franche lumière mais ça brille. Pollock verse et ne se demande pas. Il ne se demande plus. C’est qu’il apprend l’oubli rapide des choses, Pollock a besoin. Quand Pollock n’oublie pas c’est l’imposteur. Alors Pollock oublie ces petites choses et que ça ne revienne pas. Mais Pollock se trompe. Il ne sait plus comment cette pièce de métal s’est logée dans sa grolle. Pollock sait que ce morceau de quoi pourrait rappeler le reste. Pollock n’aime pas ce qui brille et s’en méfie. Alors Pollock verse la grolle l’air détaché puis l’enfile.

Armand Dupuy

9’32 Pollock

l’inadvertance – publie.net

http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782814502031

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour Pollock (fragments)

  1. J’ai aimé le film sur lui.

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