C’était une semblance du monde

C’était une semblance de monde

Ce que l’on ne voit pas

Mais qui est à portée de soi

Tout à côté

Plutôt presque au-dessus

Juste au-dessus

Si peu que ça se touche

Un entre-deux

Un entre vent

Un autre lieu qui s’efface

Et sur cet effacement

Qu’on pourrait appeler

Gloire

Ou lumière d’où l’on vient

Sans savoir

Il se penchait

Se penchait sur un muscari

Parmi l’herbe des champs

Tout remontait alors

De ce contemplement

L’oubli

Les eaux

La mise

En terre

Pourtant ç’avait le goût

D’une douceur

D’avant

Quand n’étant pas encore

Il vivait quand même

En forme de pensée

Ç’avait l’odeur de l’immobilité

D’entre les mondes

Qui donnait malgré tout l’envie

D’être de ce côté

.

Plantes et simples fleurs

Tout s’écrivait en lui

Comme pages qu’on tourne

Au soir à lampe basse

Poussent hors de soi la nuit

C’était l’ortie

Des retours pas à pas

La prêle retombante

Qu’une main humide

Effleure dans le bas

Ou la sauge à midi

Qui a l’odeur amère

Des temples désertés…

Serge Marcel Roche

Génésie

édité par Laurent Margantin

Oeuvres ouvertes

http://www.oeuvresouvertes.net/spip.php?article2286

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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