Avec Ambagué et son fauteuil bricolé

 

 

Ambagué arrêta son fauteuil devant des parcelles vertes qui s’étendaient à perte de vue. Une rivière aux eaux également vertes formait comme un lac dont le reflet paraît le paysage alentour de couleurs féériques. Les couleurs éclatantes de la végétation viraient au blanc crémeux à mesure qu’on se rapprochait du lac. Des oiseaux passaient et repassaient sans arrêt au dessus du miroir immobile.Quand parfois une brise s’élevait, on aurait cru voir et entendre un immense frémissement. Au-delà de la rivière s’étendait un vallonnement de monticules de grès couverts d’arbres aux feuillages vert et or.

Les policiers s’arrêtèrent, saisis par la magie du lieu,. Ambagué demanda :

– C’est beau ici, n’est-ce pas ?

– Très beau, lui répondit Habib.

– Que font ceux qui sont là-bas ? Demanda Sosso en désignant sur la gauche des gens qui allaient et venaient en tenant des outres semblables à des calebasses.

– Ils arrosent leurs champs d’oignons. Tout ce qui est derrière, là-bas, ce sont des champs d’oignons. Ils vont ensuite les vendre à Mopti ou même à Bamako. Mon père aussi a un champ d’oignons, mais c’est plus loin. Là-bas, là où il y a l’arbre aux branches taillées, c’est le champ du Hogon. Personne n’a le droit d’y toucher. Et là-bas, de l’autre côté, on va bientôt construire des maisons comme à Bamako.

– Tiens, s’étonna Habib, qui va construire ces maisons ?

– Je ne sais pas. C’est Antandou qui me l’a dit. Vous savez qu’il y a des poissons dans la rivière ? Mais personne ne peut les pêcher, parce que le Hogon l’a interdit. Il est interdit de tuer les oiseaux aussi. Mais parfois, la nuit, mes copains et moi, on vient pêcher. Surtout, ne racontez ça à personne, s’il vous plait ?

Habib et Sosso ne purent s’empêcher de rire. Ils marchèrent quelque temps avec le garçon, à qui Habib finit par demander :

Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant, Ambagué ?

On retourne à la maison. Je suis un peu fatigué.

Moussa Konaté

L’empreinte du renard

meurtres en pays dogon

Points (Fayard)

et voici que, copiant, essayant de dire, je réalise qu’il est tout sauf un styliste. Mais, même si l’action est sans grand éclat, même si parfois cela sent un peu le tour folklorique du Mali (et ma foi pourquoi pas ? D’autant que ce n’est pas très appuyé), suis toujours sous le charme des enquêtes du commissaire Habib.

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour Avec Ambagué et son fauteuil bricolé

  1. Godard dit :

    Il y a comme ça des personnages de fiction à qui nous donnons spontanément et durablement notre sympathie. Dans la réalité aussi.

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