ce qui les étonne

pour Brigetoun

 

Dimanche 16 mai 1993

Rome. Place du Panthéon. 16 heures environ.

.

Ce qui fascine les autres – et m’étonne – c’est ce calme. Le fait de savoir qu’on mourra, que d’une certaine manière, on est déjà mort et nous voir continuer, ne pas crier – pas trop -, ne pas supplier ou insulter Dieu. C’est cela qui les fascine. Pourquoi continuer à gratter, noircir du papier, essayer de raconter une ou deux histoires ?

Ils me regardent et s’étonnent.

Nous faisons partie du Troisième Groupe. Il y a les vivants et les morts et nous, là, qui sommes perdus et continuons. Ils essaient de savoir, de comprendre, d’imaginer ; ils ont peur pour moi et pour eux, ils espèrent qu’on leur donnera une solution.

.
Ce qui les étonne, c’est sept heures de marche dans Rome et l’absence, au fond, de symbolique métaphysique.

Jean-Luc Lagarce

Ebauche d’un portrait

adaptation de François Berreur

d’après le Journal de Jean-Luc Lagarce

Les Solitaires Intempestifs

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
Cet article, publié dans lectures, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s