la crise (fragment)

 

 

Toutes les « la crise » naissent libres et égales en indignité et en droits. Elles sont douées de raison et de conscience et agissent les unes envers les autres dans un esprit d’indéfectible fraternité.

« La crise » peut se permettre de changer de gouvernement comme tu changes de chemise.

Tu es la sueur de « la crise », elle te lèche sur ses flancs, elle n’en perd pas une goutte.

« La crise » s’infuse dans ton poste de radio ; une prise matin, une prise soir.

« La crise » te le dit pourtant dans le New York Times : «il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner.»

« La crise » est soluble dans le pire fascisme et dans n’importe quel totalitarisme, mais aussi, et encore plus à l’aise, dans ta démocratie et ton parlement.

« La crise » poisonne ses ouailles, respire un air vicié qui lui sied bien, se tire une balle dans ton pied (pas grave ça repousse).

« La crise » respecte toutes les libertés, y compris celle que tu as de t’asservir volontairement (ou involontairement genre «excuse, pas fait exprès»).

..

Joachim Séné

La crise

http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782814503045

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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