S’abaisser jusqu’à l’humus

 

 

S’abaisser jusqu’à l’humus où se mêlent

Larmes et rosées, sangs versés

Et source inviolée, où les corps suppliciés retrouvent la douce argile,

Humus prêt à recevoir frayeurs et douleurs,

Pour que tout ait une fin et que pourtant rien ne soit perdu.

.

S’abaisser jusqu’à l’humus où se loge

La promesse du Souffle originel. Unique lieu

De transmutation où frayeurs et douleurs

Se découvrent paix et silence. Se joignent alors

Pourri et nourri ; ne font qu’un terme et germe.

Lieu du choix : la voie de mort mêne au néant,

Le désir de vie mène à la vie. Oui, le miracle a lieu

Pour que tout ait une fin et que pourtant toute fin puisse être naissance.

.

S’abaisser à l’humus, consentir

A être humus même, unir la souffrance portée

Par soi à la souffrance du monde, unir

Les voix tues au chant d’oiseau, les os givrés au vacarme des perce-neige !

François Cheng

Cinq méditations sur la mort

autrement dit sur la vie

Albin-Michel – Le Livre de Poche

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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