pouvoir de Don Juan

Sans titreLui, Don Juan, se sentait intimidé devant ce pouvoir. Il se peut qu’il ait été moins gêné, jadis. Mais il y avait longtemps, maintenant, qu’il s’effrayait à utiliser ce pouvoir. Il me racontait cela ouvertement et pas du tout sur un ton de fierté ou de vanité, il le constatait plutôt, en passant, les femmes dont il s’agissait et autour desquelles cela tournait dans son histoire ici reconnaissaient en lui leur maître, non pas à l’instant de la rencontre, mais dans celui de la reconnaissance. Les autres hommes avaient été et seraient ce qu’ils étaient, et lui le seul, pour toujours Don Juan, elles le considéraient, oui, le considéraient comme leur seigneur (pas «maître»). Et elles le revendiquaient comme tel, presque («presque») comme une sorte de sauveur. Sauveur de quoi ? Sauveur, simplement. Ou simplement, elles les femmes, les éloigner d’ici, d’ici et encore d’ici.

Peter Handke

Don Juan

(raconté par lui-même)

traduction Georges-Arthur Goldschmidt

Gallimard

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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