Le fatalisme atroce de l’histoire

Sans titreA sa fiancée

(Giessen, novembre 1833 ?)

J’étudiais l’histoire de la Révolution. Je me sentais comme anéanti par le fatalisme atroce de l’histoire. Je trouve dans la nature humaine une épouvantable similitude – dans les relations humaines une violence inexorable accordée à tous et à personne. L’individu n’est qu’écume sur la vague, la grandeur un simple hasard, la domination du génie un jeu de marionnettes, un combat ridicule contre une loi d’airain, la reconnaître est le stade suprême, la dominer impossible. Il ne me vient plus à l’esprit de faire la courbette devant les rosses de parade et les laquais de l’histoire. J’habituais mon oeil au sang. Mais je ne suis pas un couteau de guillotine. Il faut est une des paroles de damnation avec lesquelles l’homme a été baptisé. La sentence : il faut que le scandale arrive, mais malheur à celui par lequel il arrive, est horrible. Qu’est-ce donc qui en nous ment, assassine et vole ?..

Georg Büchner

correspondance

dans

Lenz, Le messager hessois, Caton d’Utique, correspondance

traduction par Henri-Alexis Baatsch

collection «Détroits»

Christian Bourgeois éditeur

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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