soixante et onze ans

Sans titreLa mort s’approche, je sens déjà son souffle, et pourtant je me comporte comme si j’avais l’éternité devant moi.   L’égocentrique que je suis s’obstine à reculer ce moment fatidique par un surplus de mots.   Ecrire embrase mon vieux coeur, le projette dans un ailleurs merveilleux.   Mais jusqu’à quand vais-je pouvoir résister ? Tout me porte à penser que je capitulerai bientôt.   Oh, et puis merde, sans la mort, le moteur à rêves ne tournerait pas rond.   On a besoin d’elle.   Moi le premier.   Et vous aussi.   On saloperait l’ouvrage en s’éternisant.

Charles Bukowski

Le capitaine est parti déjeuner

et les marins se sont emparés du bateau

traduction Gérard Guégan

Grasset

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour soixante et onze ans

  1. Il a toujours aimé la Budweiser🙂

  2. brigetoun dit :

    un tout petit livre, crépusculaire, dans lequel j’étais en bonheur amical l’autre nuit

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