Thomas Jefferson

Sans titreA Monticello, dans le plafond du hall d’entrée, fit modeler un aigle en stuc blanc, entouré de dix-huit étoiles d’or, et lui fit tenir dans ses serres les poulies de suspension de la lampe à hauteur réglable qu’il avait achetée à Paris.

Thomas Jefferson :

«… Ce n’est donc point leur condition mais la nature qui a produit la différence. Qu’une observation plus poussée vérifie ou non cette conjecture que la nature a été moins généreuse envers eux quant aux dons de la tête, je crois que l’on découvrira qu’elle a été juste à leur égard quant à ceux du coeur. Cette disposition au vol dont on les a accusés doit être attribuée à leur situation, et non à quelque dépravation du sens moral. Celui en faveur de qui n’existe aucune loi de propriété se sent probablement moins tenu de respecter celles faites en faveur d’autrui. Quand nous argumentons à notre propos, nous posons comme axiome que les lois, pour être justes, doivent donner un droit réciproque ; que, sans cela, elles sont de simples règles de conduite arbitraires, fondées sur la force, et non sur la conscience ; et je laisse à résoudre au maître ce problème : si les préceptes religieux contre la violation de propriété n’ont pas été faits pour lui aussi bien que pour son esclave, et si l’esclave ne peut pas aussi justement prendre un peu à celui qui lui a tout pris, que tuer celui qui va le tuer ?Qu’un changement des conditions dans lesquelles un homme est placé puisse changer ses idées sur le bien ou le mal moral n’est ni nouveau, ni particulier à la couleur noire. Homère nous dit qu’il en était ainsi il y a deux mille six cents ans :

«Jupiter l’a ainsi décidé :

Le jour qui fait un homme esclave

Diminue sa valeur de moitié.»

Et pourtant les esclaves dont parle Homère était des Blancs.»

Michel Butor

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L’Imaginaire – Gallimard

image crédit CORBIS

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour Thomas Jefferson

  1. Un grand livre de Michel Butor, d’une inventivité époustouflante par rapport à l’environnement littéraire de l’époque…

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