la survie des lichens foliacés

Sans titre

j’étais allé loin pour recueillir mes échantillons, plus loin que Disneyland, plus loin que Roissy même, et je commençais à me demander si ça existait encore la campagne en France, aussi loin que j’allais il y avait toujours des morceaux de ville, des morceaux de ville dans les champs, des morceaux de ville dans les bois, il y a que le lichen presque qui me rappelait qu’on s’éloignait du centre de Paris, qu’ici c’était un peu moins pollué que là-bas, parce que je le voyais déjà bien comme la pollution bouffait le lichen, pas tout le lichen mais les espèces foliacées et fruticuleuses, dans Paris il restait que ces spécimens orangés ou grisâtres bouffeurs d’azote nitrique, mais ils sont pointilleux dans les départements scientifiques, ça les aurait pas satisfaits que je leur dise juste comme ça eh les gars le lichen a parlé l’air de Paris est sale comme votre cul, ça les aurait pas satisfaits que je leur dise ça, alors il a fallu que je rapporte mes petits échantillons à Montréal et que je les analyse et tout le bazar, maintenant j’en étais à devoir mettre le tout par écrit, bien sûr j’avais pas besoin d’être à Paris pour ça, en plein été ou presque il y a personne dans les facs, et puis j’avais plus besoin d’aller gratter le dos des lichens aux quatre coins d’Île-de-France, les seuls lichens que je fréquente encore cet été c’est ceux du Jardin des Plantes, j’allais souvent au Jardin des Plantes avant de partir au Maroc, pour observer les lichens, c’est tout près de chez Descartes, le Jardin des Plantes, mais par là-bas c’est fini la philosophie, sur les panneaux et les plaques je retrouvais les bons vieux naturalistes de mes manuels de bio, le Buffon et le Cuvier et puis le Geoffroy de St-Hilaire, quelque part dans le Jardin il y avait un petit jardin clôturé, un jardin dans le Jardin pour ainsi dire, et là on trouvait plusieurs espèces de lichens, la Fulgensia fulgens, l’Aspicilia farinosa, la Ramalina fraxinea et le reste, il y avait même une Collema subnigrescens, à vous ils auraient peut-être paru communs, les lichens du Jardin des Plantes, vous auriez dit quelque chose comme ouais bon c’est des touffes de végétal quoi, il y a pas de quoi en faire toute une histoire, c’est à cause des propos de gens comme vous que je parle presque jamais de mes études lichénologiques…

Mahigan Lepage

la science des lichens

publie.MONDE

http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782814504059

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour la survie des lichens foliacés

  1. arlette dit :

    Et bien d’autres choses aussi …Science de la vie

  2. Oui une très belle découverte et lecture !

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