Dévergondés et voleurs (fragment)

Sans titre

Si un pauvre a pris un drap de lit,

Ce sera un voleur et il ira tête basse ;

Mais si un riche a volé Mercurol,

Il ira tête droite devant Constantin ;

Le larron pauvre, on le pend par un ruban,

Et tel le pend qui a volé un cheval ;

Et c’est justice plus rapide qu’une flèche :

Le riche voleur pend le voleur pauvre.

.

C’est pour moi que je chante et que je joue de la flûte,

Car nul, excepté moi, ne comprend mon langage :

On le comprend aussi peu que celui d’un rossignol ;

Les gens ne comprennent ce que veut dire mon chant,

Je ne m’exprime cependant ni en frison ni en breton,

Et je ne sais parler ni le flamand ni l’angevin ;

Mais la méchanceté qui bouche leur entendement

Les empêche de distinguer le vrai du faux.

.

Pierre Cardenal

texte français de René Nelli et René Lavaud

revu et corrigé par Henri Gougaud

Poésie des troubadours

Edition Points

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour Dévergondés et voleurs (fragment)

  1. arlette dit :

    Et si bien tourné que poésie s’en suit …

  2. micheline dit :

    et poésie ose dire ce qu’on voudrait cacher

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