Promenade au crépuscule

Sans titreAu milieu de l’après-midi, on va marcher ensemble, à reculons dans le temps. On marche quand les premières gelées ont brûlé les cynorhodons, quand les ruisseaux se dissolvent, cachés sous la gelée. Quand les chiens sont fous et mordent au vol les flocons de neige. Quand se dévoilent les traces d’animaux, les passages, les empreintes de pneus.

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On se raconte nos vies. Ce qu’on en sait. Ce qu’on invente.

Comme une pâte, une boule de terre longtemps malaxée.

On parle au chien comme on parlerait à quelqu’un. Peut-être pour s’assurer de notre existence. On demande au chien une approbation qu’il finit par nous donner.

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Un oiseau, tournant au-dessus de nos têtes, nous observe d’un air menaçant. Pas reconnu le milan, qu’on a appelé oiseau.

On écoute ce qui se dit quand on ne parle pas.

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Méandres de notre conversation dans les méandres des chemins. Se parler, c’est ouvrir une voie nouvelle au milieu des prés, au milieu de l’espace des prés, à travers le vide qui sépare la terre et le ciel.

L’aventure de cette marche au crépuscule prend la forme d’une existence.

Jérémy Taleyson

le sentier du Train Jaune

dans la Revue d’ici là n°11

Au commencement était le verbe

à la fin le monde sans fin

publie.net

http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371771093

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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