Une halte

Sans titre…jusqu’à atteindre une ville petite sage elle aussi avec devant ses églises partout toutes les voitures et dans les rues personne jusque Main Street où par hasard garées sur la place large c’était le jour du grand chambardement dans la petite bourgade sur la place large des centaines de bagnoles chromées immaculées briquées customisées rassemblement d’anciennes caisses venues d’un passé fantasmé par leurs proprios assis gros adipeux certainement consanguins derrière leur trésor d’une tonne à l’ombre des arbres sur leurs chaises de camping nous regardant d’un œil soupçonneux repérant tous de suite qu’on ne venait pas d’ici et les filles les premières c’était on connaissait l’évènement de l’année on avait même chose à Sardinia, État de New York, États-Unis sauf que chez nous enfin ce qui avait été notre chez nous c’était la foire à la citrouille qui bousculait la ville c’est dire le truc haussements d’épaules errant entre les capots ouverts larges exhibant tout sans pudeur cet étal brillant faisant penser à quoi une fille qui aurait soulevé sa jupe un soldat mort les tripes à l’air sur un quelconque champ de bataille les reflets vrillant à force mal aux yeux le bruit saoulant des sound-machines poussées à fond pour bien montrer que ça crachait la sono hors de prix payée à crédit associée aux patates dans l’assiette ce grand n’importe quoi dont on ne trouvait plus la sortie dans ces rues mortes malgré l’animation la vie chromée y coulant mais pour un jour seulement un jour le reste de l’année certainement ressemblant à un enterrement n’en finissant pas s’étirant chenille morte ou presque le long des rues Main Street 1St Street Bourbon Street 2nd Street Jefferson Street etc. etc. streets à n’en plus finir des arbres des maisons des pelouses des voitures des vélos abandonnés personne nulle part même pas derrière les fenêtres closes même pas derrière les moustiquaires crevées des maisons vides abandonnées depuis la crise mais c’était dans ces vies toujours la même crise celle du vivre du manger de savoir où aller avec leur panneau à vendre de guingois mais bien moins qu’elles dont les ventres crevés finissaient par être avalés par les herbes et les semaines et la pluie en même temps que le quartier se vidant de tout sauf des errants autre sorte de voisins allant de ville en ville chercher ils ne savaient plus quoi autre chose qu’eux-mêmes repartant de la ville aux voitures en mâchant une sorte de pâte goût amer imaginaire ressemblant à du caoutchouc brûlé maussade ce goût qu’avaient les journées qu’on connaissait par cœur d’avant de la vie juste avant à Sardinia,…

Daniel Bourrion

Sardinia

http://librairie.publie.net/fr/ebook/9782371771048

Publie.net

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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