L’âme

Sans titreParlons maintenant des sens intérieurs ou des puissances supérieures de l’âme ! Nous distinguons les plus basses et les plus élevées. Les plus basses sont un moyen terme entre les puissances les plus hautes et les sens extérieurs. Elles s’étendent jusqu’à tout près de ceux-ci : ce que l’oeil voit, ce que l’oreille entend, le sens le présente tout d’abord au désir. Si ici on prend position correctement, le désir le présente à son tour à la deuxième des puissances : la considération. Celle-ci le mène à l’appréciation et le présente ensuite de nouveau à la faculté de discernement ou à l’intellect. Ainsi elle est décantée toujours davantage pour être reçue par les puissances supérieures. Car l’âme possède la noble faculté de dépouiller ce qu’elle reçoit de la ressemblance avec elle-même et de tout caractère sensible et de l’apporter ainsi aux puissances supérieures, où cela est conservé par la mémoire, pénétré par la raison et accompli par la volonté. Ce sont là les puissances les plus hautes de l’âme. Elles sont contenues dans une nature : tout ce que l’âme opère, c’est sa nature simple qui l’opère, et cela par le moyen des puissances.

Maintenant on dira : qu’est-ce que c’est que la nature de l’âme. Ici faites bien attention : la dernière certitude dans l’âme, c’est la nature toute simple de l’âme. Cette nature de l’âme est si délicate que l’espace la préoccupe si peu, comme si elle n’était pas du tout en lui. On le voit à ceci : si un homme avait un ami cher à une distance d’un millier de milles, son âme de tout son pouvoir accourrait vers ce lieu et y aimerait son ami. C’est de cela que témoigne saint Augustin quand il dit : Là où l’âme aime elle est davantage que là où elle donne la vie.

Maître Eckhart

De la perfection de l’âme

«L’amour est fort comme la mort»

Folio 2

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
Cet article, publié dans lectures, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

3 commentaires pour L’âme

  1. Lelius dit :

    Merci!
    Il y a aussi une belle façon de rencontrer Maître Eckhart dans l’univers musical contemporain – où on ne l’attend pas spécialement – grâce l’œuvre pour chœur du compositeur Pascal Dusapin, « Granum sinapis » (grain de sénevé). Je n’en connais qu’un enregistrement (plus de 10 ans) par Laurence Equilbey dirigeant le chœur Accentus.

  2. brigetoun dit :

    nous sommes là entre gens de qualité

  3. Lelius dit :

    Le doute eût-il été possible?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s