À propos des Vagues

Virginia w_CollageAnne-Françoise Benhamou (dramaturge – intervient au Théâtre de la Colline)

On pourrait dire que les trois personnages de femmes des Vagues incarnent des rapports à la féminité totalement différents – l’une est dans la séduction, l’autre dans la maternité, la troisième dans une espèce de solitude. Mais justement ici, il ne sagit pas d’une segmentation en rôles antinomiques ; au contraire on ressent ces trois personnages comme des facettes d’une même femme.

Marie-Christine Soma (metteur en scène et éclairagiste – a monté au Studio-Théâtre de Vitry les Vagues d’après Virginia Woolf, spectacle repris au Théâtre de la Colline)

Ce qui m’a émerveillée quand j’ai lu ce roman, c’est de sentir que Virginia Woolf est dans les six figures, masculines et féminines. Elle prend des directions d’hommes autant que des directions de femmes, et parmi les directions d’homme elle peut prendre trois chemins différents, comme parmi les directions de femme – justement parce que tout cela coexiste dans son unité à elle, sans pouvoir être en paix. Je connais peu de textes qui me parlent autant de cette part d’ambivalence qui peut exister entre masculin et féminin. Bien qu’on soit sexué, né d’un côté, parfois on sait très bien qu’on n’est pas que ça. Les Vagues mettent en mots cette complexité de l’être humain. Woolf dit qu’on peut emprunter ce chemin là, mais aussi cet autre, et que tous ces chemins non seulement coexistent mais s’interpénètrent et s’enrichissent les uns les autres. Ce qui fait pour moi des Vagues un texte essentiel, c’est la façon dont cette auteure – avec tout ce qu’on sait de son existence pleine de trouble dans une époque dominée par la masculinité, de sa souffrance en tant que femme et que créatrice – a réussi à donner forme à toutes ces facettes que, dans la réalité, elle n’arrivait pas à activer ensemble de manière heureuse ; c’est la façon dont Virginia Woolf a saisi ce qui dans sa propre vie a dû être un calvaire, pour en faire ce roman, qui est tellement plein de lumière.

Fragment d’un entretien Telluriques

entre Marie-Christine Soma et Anne-Françoise Benhamou

danse

le n°12 d’OutreScène

revue de La Colline – mai 2011

Contemporaines ?

Rôles féminins dans le théâtre d’aujourd’hui

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
Cet article, publié dans lectures, est tagué , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s