Louis Bellavoine

29 6 pour BrigetounA Monseigneur

le Commissaire Général de Police

Monsieur,

Supplie humblement Louis Bellavoine âgé de vingt-sept ans et demi et vous remontre qu’ayant été averti que la dame sa mère a sollicité ses parents pour s’assembler et surprendre votre décision pour obtenir une lettre de cachet pour le faire renfermer, ce qui provient d’une vengeance et des intérêts particuliers de sa mère attendu qu’elle est dépendante de lui pour les revenus que la mère a ordonné qu’elle lui ferait étant réduite dans une extrême misère ayant joué et dissipé son bien ce qui est probable par l’ordonnance et l’amende qu’il vous a plu Monsieur faire affliger contre elle en l’année 1726 ce qui oblige le suppliant d’avoir recours à votre justice, Monsieur, pour prévenir le piège qu’elle et ses parents veulent lui tendre pour l’empêcher d’épouser la dame Sébolin quoiqu’il ait eu leur consentement par une instance de M. le lieutenant civil dont la copie est ci-jointe.

A ces causes le suppliant espère tout de votre Equité, Monsieur, et ferez justice.

Arsenal – Archives de la Bastille 10999, fol. 234 (1728)

La veuve Bellavoine et toute la famille demande

que Louis Bellavoine soit renfermé au château de Guise où sa famille paiera la pension et la conduite suivant les instructions de Son Excellence ;

que depuis que Louis Bellavoine est émancipé il a eu une conduite scandaleuse par ses actes déréglés et par la dissipation de ses biens ;

qu’il use de toutes sortes d’artifices pour faire des emprunts ;

qu’il y a environ huit ans qu’il fait ses efforts pour se marier avec une fille publique ;

qu’alors sa famille le fit interdire ;

que pour chagriner sa famille il s’engagea dans la garde française ;

que sa mauvaise conduite obligea (illisible) son capitaine de le faire renfermer à Bicêtre pendant six mois ;

que le croyant corrigé par une détention de six mois ils l’ont dégagé ;

qu’il a aussi recommencé ses débauches a pris pour concubine une jeune veuve dont il a eu un enfant et qui est encore grosse ;

qu’il est enrôlé de nouveau avec M. de Levy capitaine aux gardes et il y a quatorze mois ;

que M. de Contade l’a fait mettre en prison il y a quelques mois ;

qu’enfin ils ont obtenu son congé, et un ordre de M. de Contade pour le leur remettre.

Le placet est signé de sa mère, de deux oncles paternels.

Ce jeune homme était connu longtemps pour un tapageur, un escroc, et un débauché je pense que l’ordre est juste.

Arsenal – Archives de la Bastille 10999, fol. 239 (1728)

dans

Arlette Farge – Michel Foucault

«Le désordre des familles»

folio histoire

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour Louis Bellavoine

  1. arlette dit :

    AH!! Monsieur le commissaire …..quelle misère que tout cela!!

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