le jardin de derrière

sans titrePrémices de l’aube en cette matinée d’hiver : une frange ourlée de mauve, à l’horizon, et qui bientôt découvrira le ciel lourd de nuages. Il ne fera pas soleil aujourd’hui, et froid peut-être plus qu’hier car le vent s’est levé dans la nuit. Je dois, quoiqu’il m’en coûte, retrouver le chemin. Il le faut maintenant que l’orage menace.

À travers les baies de la cuisine, entre les branches de deux acacias, on devinait autrefois le chemin montant le long du jardin de derrière. Nous l’avions ainsi nommé, notre jardin, pour le distinguer de celui qui donnait sur l’avenue, devant l’entrée principale de la maison.

Le jardin de derrière : il était dominé par le clocher de l’église qui, carapace rectangulaire en forme de tour de garde, se détachait dans la nuit. Son assise ébranlée par des lézardes, on aurait dit un spectre.

Par ses ouvertures en forme de meurtrières, entraient et sortaient les corneilles. Elles décrivaient dans le ciel des cercles concentriques. Je suivais des yeux leur ballet. Il dessinait la figure cyclique du temps.

Serge Bonnery

«le temps d’un jardin»

collection «les lettres du Cabardès»

éditions «le temps qu’il fait»

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
Cet article, publié dans lectures, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour le jardin de derrière

  1. micheline dit :

    derrière c’est tout le passé l’acquis et le dépassé
    devant c’est l’ouverture le risque et le progrès

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s