… notre sang pâlit…

Sans titreOh mes amis d’un temps, que devenons-nous,

notre sang pâlit, notre espérance est abrégée,

nous nous faisons prudents et avares,

vite essoufflés – vieux chiens de garde sans grand chose à garder ni à mordre -,

nous commençons à ressembler à nos pères.

.

N’y a-t-il pas d’autre chemin

que dépérir dans la sagesse radoteuse,

le labyrinthe des mensonges ou la peur vaine ?

.

Un chemin qui ne soit ni imposture

comme les fards et les parfums du vieux beau,

ni le geignement de l’outil émoussé,

ni le bégaiement de l’aliéné qui n’a plus de voisin

qu’agressif, insomniaque et sans visage ?….

Philippe Jaccottet

«à la lumière d’hiver»

Poésie/Gallimard

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour … notre sang pâlit…

  1. Lelius dit :

    Il y a autant d’acuité et de douceur dans le regard de Philippe Jaccottet qu’on en trouve dans sa poésie. Suave précision d’un ultime instant.
    Merci !

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