Croqueur de pierres

Il y avait, dans la maison de Sa Haute Excellence Wang Qinwen de VilleneuveSans titre (1), un palefrenier du même patronyme Wang, qui tout jeune était allé aux monts du Labeur étudier la Voie. A la longue, il était parvenu à s’abstenir de toute nourriture cuite, ne croquant plus que pignes de pin et galets blancs. Son corps s’était couvert de poils.

Quelques années plus tard, s’inquiétant de sa mère qui vieillissait, il était retourné à son village où il s’était remis peu à peu à manger cuit, mais sans renoncer à son habitude de croquer des pierres. Il les mirait au soleil pour savoir si le galet était doux, amer, aigre ou salé et mordait dedans comme dans un vulgaire taro.

A la mort de sa mère, il retourna dans la montagne, il y a de cela dix-sept ou dix-huit ans.

  1. Nous prenons la libertéde traduire ce toponyme,Xincheng, qui désigne ici une localitédu Liaoning. Le Liaoning était dans la juridiction de la province du Shandong à l’époque des Ming. Wang Qinwen, dont le prénom était Yulei, finit sa carrière, commencée en 1644, comme président du ministère de la Justice. Le plus jeune de ses fils, Wang Shizhen (1634-1711), fut l’un des plus éminents hommes d’Etat et écrivains de son temps, l’ami et protecteur de Pu Sonling

Pu Sonling

«Chroniques de l’étrange»

contes traduits du chinois par André Lévy

Piquier poche

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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