Le phénix

Sans titreIl existe encore un autre oiseau sacré qu’on appelle le phénix. Je ne l’ai moi même vu qu’en peinture ; d’ailleurs il ne se montre en Egypte que rarement – tous les cinq cents ans, disent les Héliopolitains, et seulement, d’après eux, quand son père est mort. S’il est tel qu’on le représente, voici sa taille et son aspect : son plumage est rouge et or ; en forme et en dimensions, il ressemble beaucoup à un aigle. L’ingéniosité qu’on lui prête n’est, à mon avis, qu’une légende invraisemblable : il quitte l’Arabie, dit-on, pour transporter le corps de son père, enrobé de myrrhe, au temple du Soleil et l’y ensevelir. Voici comment : il façonne d’abord un oeuf de myrrhe, aussi gros qu’il peut le soulever, et s’essaie à le porter ; quand il y a réussi, il creuse l’oeuf, y dépose son père et bouche avec d’autre myrrhe le trou par lequel il l’a introduit – le corps placé dans l’oeuf lui rend son poids primitif -, et l’oiseau emporte son père, ainsi enrobé, en Egypte, au temple du Soleil. Voilà ce qu’on raconte sur cet oiseau.

Hérodote

«l’Enquête – livre II Euterpe»

Folio Classique

illustration Friedrich Johann Justin Bertuch (1747-1822)

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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