Ali sans Ramazan

Sans titreAli garde les yeux rivés sur ses chaussures. Mais il en a tellement besoin de sniffer du solvant, il ne comprend pas pourquoi il n’avait pas commencé avant. Ali ne ressent plus ni le chaud ni le froid. Pire encore, la solitude, l’absence de Ramazan, l’absence maternelle, l’absence maternelle, l’absence maternelle pour la première fois de sa vie, il ne la ressent plus.

Ils ont recouvert son âme avec du plastique. Son for intérieur est sous la protection d’une pièce transparente en plastique. Rien, personne, aucune douleur, aucun souci ne peut plus atteindre Ali. C’est ce qu’il ressent en sniffant du solvant. Sniffer le protège à un tel point. D’abord, il ne souffre pas quand il sniffe du solvant. Ni dedans, ni dehors, il n’a pas mal. Son âme ne souffre pas. Ne se serre pas. Ne pique pas. Ali n’étouffe pas.

Enfin si, il étouffe mais à force de sniffer. Ce n’est pas grave. C’est quand même bien. À part Ramazan, qu’est-ce qui a jusqu’à aujourd’hui fait du bien à Ali ?

Ramazan, à force de se faire du souci pour Ali, de se faire du souci pour leur manque d’avenir, se faire du souci à cause de ces soucis, voit vraiment ses jours au service militaire comme une punition de l’enfer.

Perihan Magden

traduction du turc par Canan Marasligil

«Ali et Ramazan»

publie.net – Publie.monde

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814507623/ali-et-ramazan

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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