Terreur dans la montagne

Sans titre.nous épuisâmes les environs afin de dénicher toute information concernant la terrifiante famille Martense, et découvrîment un homme qui possédait un journal ancestral, à la fois magnifique et éclairant. Nous entreprîmes aussi de parler avec certains de ces rustres des montagnes qui n’avaient pas fui la terreur pour des montagnes plus lointaines, et donc nous résolûmes de faire précéder notre tâche culminante – un examen exhaustif et définitif du manoir à la lumière de son histoire la plus précise – par un examen tout aussi exhaustif et définitif des lieux associés aux différentes tragédies dans les légendes des occupants.

Les résultats de cette enquête ne produisirent pas, tout d’abord, grand éclaircissement, si ce ne n’est que nos statistiques les concernant semblaient révéler quelques lignes déterminantes ; très précisément, que le nombre d’horreurs attestées était de très loin plus grand dans l’immédiat voisinage du manoir, ou relié à lui par cette dense étendue morbide de forêt. Même s’il y avait, c’est vrai, des exceptions ; de façon certaine, l’horreur qui avait si récemment concentré l’attention du monde était advenue dans un lieu dégagé, éloigné aussi bien du manoir que de toute forêt y attenant.

Quant à la nature et l’apparence de la peur en embuscade, on ne pouvait rien tirer des occupants de ces cabanes perdues, stupides et effrayés qu’ils étaient. Dans la même phrase, ils l’appelaient un serpent ou un géant, un démon de l’orage ou une chauve-souris, un vautour ou un arbre qui marche. Nous jugeâmes prudent, cependant, d’assumer qu’il pouvait s’agir d’un organisme vivant hautement sensible aux orages électriques ; et bien que certaines histoires suggéraient la présence d’ailes, nous pensions que son aversion pour les espaces ouverts faisaient d’une locomotion terrestre une hypothèse plus probable. Le seul fait incompatible avec cette dernière probabilité étant la vitesse avec laquelle cette créature avait dû voyager pour accomplir tous les méfaits qui lui étaient attribués.

Howard Phillips Lovecraft

traduction de François Bon

«La peur en embuscade»

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505773

image http://creepypasta.wikia.com/wiki/File:HP-Lovecraft.jpg

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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