Vie et mort de l’enfant du monde (fragment)

29 9 pour BrigetounVIII

Il faudrait qu’il n’y eût point de marée.

.

Qu’une marée accompagne la saison, et du retrait de la mer procède une disparate de pousses étiques, de petits crabes aux névralgies ineptes, de coquillages grotesques, d’âmes de bois veuf.

Qu’une marée vienne à la saison, qui est la saison même, et ce qui est se fait gigue d’un fourmillement, corruption spastique d’une beauté soustraite à ce monde qui est le monde gentil.

Qui est tout le monde gentil.

Celui où va l’enfant du monde et qui est sa couche éternelle, son repos et le gravier où prend son pas, sur les tombeaux des tombeaux de la pente et dans ces sourires qui veulent bien.

.

«Je voudrais que la mer fût bien sage, aujourd’hui» dit Eeeoys.

«Elle est comme la parole qui va un peu dessous le monde, parfois, pour rire, dit Loongi, elle est comme le fou qui va nu et seul.»

«C’est la saison, déjà ?» demande Eeeoys.

«C’est la saison.» répond Loongi.

Emmanuel Tugny

«Vie et mort de l’enfant du monde»

Publie.net

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814507616

illustration de Bernadette février pour le livre

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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