D’Avignon, de l’étranger, dans le commerce de librairie

Sans titreDéjà la Suisse, Avignon et les Pays-Bas, qui n’ont point de copie à payer et qui fabriquent à moindre frais que vous, se sont approprié des ouvrages qui n’auraient dû être et qui n’avaient jamais été imprimés qu’ici.

Avignon surtout, qui n’avait, il y a dix ans, que deux imprimeries languissantes, en a maintenant trente très occupées. Est-ce qu’on écrit à Avignon ? Cette contrée s’est-elle policée ? Y a-t-il des auteurs, des gens de lettres ? Non, monsieur ; c’est un peuple tout aussi ignorant, tout aussi hébété qu’autrefois ; mais il profite de l’inobservation des règlements et inonde de ses contrefaçons nos provinces méridionales. Ce fait n’est point ignoré….

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D’où je conclus, pour terminer ce point que j’ai traité le plus au long parce qu’il m’a paru le plus important :

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9° Que, quand le commerce de la librairie d’Avignon, contre lequel on n’a point encore imaginé de moyens suffisants, il soit défendu de sortir aucuns livres du Comtat sans un acquit-à-caution pris aux Fermes du roi, d’où il serait envoyé toutes les semaines au chancelier un état et catalogue des livres contenus dans les ballots ; que ces acquits soient visés au bureau de Noves pour être déchargés à Aix après la visite des syndics et adjoints, ou au bureau de Tulette pour être déchargés à Valence par l’imprimeur des Fermes assisté d’un premier commis ; ou au bureau de Villeneuve pour être déchargés à Lyon ou à Montpellier, suivant leurs différentes destinations, après la visite des syndics et adjoints ; que tous les ballots qui arriveront d’Avignon dans le royaume par d’autres voies ou sans un acquit-à-caution visé comme il est dit, soient saisissables par un inspecteur ambulant sur la frontière, préposé par le fermier commis à cet effet, et chargé d’envoyer au chancelier l’état de ces livres saisis pour recevoir les ordres du magistrat et les exécuter conformément aux règlements ; que sur cet état les syndics et adjoints de la communauté de Paris soient appelés pour, sur leurs observations, statuer ce que de raison, etc.

Denis Diderot

«Lettre sur le commerce de la librairie»

1763

éditions dialogues

portrait par Louis-Michel van Loo – 1767

http://en.wikipedia.org/wiki/Denis_Diderot

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour D’Avignon, de l’étranger, dans le commerce de librairie

  1. micheline dit :

    ne jamais rire avec les règlements!

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