Écrire – train de nuit

Sans titre«Ouvrant la porte donnant sur le jardin, Y rencontra…»

L’on a ouvert sur ses genoux l’écran qui ouvre sur Le Souverain Bien et l’on a écrit ça, voilà.

Le Diable Vauvert est tout proche, où l’on a loué, entre mer et montagne, une chambre pour le mois, le mois de vacances, celui d’Apostole et de son roman à crime commandé qui berce, où l’on voyagera, simple et beau, que traversera un nageur cependant, faut voir comme, entre des éléments qui diront l’élémentaire.

L’encre bave, encore, des yeux caves de la page de titre. Ce fut doux, ces premiers mots posés, c’est venu d’un trait, d’un trait de nuit, d’un coup, il n’y pas eu de temps entre l’ouverture tremblée de la page idiote et la succion de nuit.

On est vainqueur et l’on fume, la demi-fenêtre agaçant le clapet, seul et dans un matin où va l’équipage, comme en Égypte, entre dunes à palissades et théories de pins chauves. L’aveugle est oublié. Les trains de nuits sont pleins de ces espèces-là ; dont la mesure et le gîte sont ceux, incertains, du jour et de la nuit factices, du travestissement de moleskine du domestique afin qu’on roule sans peur sur la machine qui va rondement et tout en dur. En policier, on en a vu finir, l’écume aux lèvres, dans ces compartiments des trains de nuit qui sont théâtres sur machine, lampes de rien promenées sur les replis sur soi du monde, par recouvrement trottinant de sa pâte sans bord.

Oh, policier l’on en a vu, de ces intempérants de la prophétie, de ces gens-là qui disent par moitiés nuageuses la distinction de quelque chose ! Ils sont ce couloir où on les croise, ces compartiments qui sont la moitié douce du monde articulé trottant, tampons sur la machine et le tourbillon matériel sans frein. L’hésitation d’une lave sans destination d’horizon, sans lumière propre ou bien la fixité quadrangulée du foyer posée sur une voûte comme une dignité vaine, un mot posé dans le devenir.

Des putains, aussi, grisées de morphine pour le service, entre les reptations de l’amour mort et la munificence sidérante des vocations souterraines, celles du règne des morts, au bout de la ligne ou du gué.

«Ouvrant la porte donnant sur le jardin, Y rencontra…»

Emmanuel Tugny

«Le souverain bien»

Publie.net – Publie.noir

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814596726

image http://ademas.over-blog.fr/article-train-de-nuit-66389108.html

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour Écrire – train de nuit

  1. arlette dit :

    Belle écriture , pense à Michel Butor 3La Modification 3

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