Couvre-feu

Sans titreAu deuxième étage, il trouve sa chambre, une petite pièce avec trois lits superposés. Chacun d’eux est numéroté. À l’autre extrémité, une porte ouvre sur des douches et des sanitaires individuels.

Il rejoint sa couchette. Celui qui dormira au-dessus de lui est allongé. La quarantaine, globalement propre sur lui, il fume une cigarette. Ils échangent un regard, mais pas de mots. Quant à ses autres compagnons de nuit, certains sont déjà recroquevillés sous leurs couvertures, d’autres finissent de se déshabiller, libérant leurs profonds fumets corporels. Deux d’entre eux sont des homologues de Nanar du trottoir. À mesure que tombent les différentes épaisseurs de leurs vêtements, apparaissent leurs ventres distendus, leur bras et leurs jambes squelettiques. Le rouge-brun de leur visage, de leur cou, de leurs mains et de leurs pieds tranche avec le blanc chair de poulet du reste de leur corps, strié de veinules vertes et parsemé d’escarres.

Harold Cobert

«Un hiver avec Baudelaire»

Le livre de poche

image http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20070712.OBS6226/plus-de-30-000-eurosdans-les-valises-d-une-sd

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour Couvre-feu

  1. arlette dit :

    Merci pour ces extraits que je lis avec plaisir et découvre bien souvent les sources et les rappels

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