lettre à Jacques Doucet

Paris, le 6 juillet 1922

 

..Ce sont là tous les vers que j’ai écrits depuis la Jeune Parque, c’est à dire depuis 1917, et je les ai appelés Charmes, qui, dans ma pensée, veut simplement dire «Poèmes».

L’étymologie et un usage ancien de ce mot permettent peut-être encore de s’en servir dans cette acception.

Je considère presque toujours mes poésies comme des exercices, ce qui signifie que le travail même de leur composition a pour moi un peu plus d’importance que le résultat final de mon effort.

Je considère donc ces oeuvres que je publie, comme des états d’une fabrication qui peut toujours être reprise et modifiée, et qui n’est, en somme, arrêtée que par l’accident de la publication même.

C’est là une singulière, une bizarrerie sans doute de mon «tempérament» intellectuel.

Cette conception particulière de l’art poétique peut expliquer certains caractères de mes poèmes, du langage que j’y emploie, et de l’observance assez étroite qu’on y peut remarquer, des anciennes règles de la versification française….

Paul Valéry

d’après photo figurant dans

«Les écrivains de Jacques Doucet»

Edouard Graham

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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