La deux chevaux

Quatre roues sous un parapluie, c’était le projet de base de la deux chevaux. Dans les années soixante elle s’en éloigne, plus pimpante. Les odeurs à l’intérieur sont toujours aussi réjouissantes, mêlant plastique, métal et tissu. Tout est léger. Le moteur deux cylindres à refroidissement par air est d’une évidence miraculeuse : il faut trois heures pour changer un cardan qui claque. Il n’y a pas de Delco, et le carburateur n’est pas bien plus compliqué que celui de nos Solex : on n’a qu’à souffler dedans pour que ça redémarre. Les portes à peine une feuille de tôle souple, et ainsi de suite – et comme aux heures creuses ou aux vacances je donne un coup de main au magasin des pièces détachées, chacun de ces éléments est associé pour moi à son nom de code, à commencer par la petite gâche de caoutchouc qui sert à fixer la vitre avant quand on l’ouvre en la repliant au-dehors vers le haut.

François Bon

«Autobiographie des objets»

Éditions du Seuil

image http://ldayot.ouvaton.org/spip.php?rubrique7

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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4 commentaires pour La deux chevaux

  1. Arlette dit :

    Un régal d’inventivité que j’ai découvert par tes rubriques Merci

  2. Ping : Archiwatch

  3. Anna Civita dit :

    Quant’è bella giovinezza, Che si fugge tuttavia! Chi vuol esser lieto, sia: di doman non c’è certezza quelle joie! en s’ansouvenir

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