Dans un café devant la gare

Il avait fallu comprendre de quelles teintes les choses étaient et leur matière et la lumière qu’elles portaient pour redécouper la scène en tableaux successifs en plans parallèles du jaune sur son dos pour le confondre à la chaise et la ford d’en prendre la couleur comme or et cette enseigne métropolitain de répondre encerclé d’un vert d’ombre

Il avait fallu attendre que le train bleu s’éclaire points jaunes épars derrière le verre et au gré des passants vêtus aléatoirement retrouver la teinte de la lumière celle qui pointe qui perce fière puis l’oublier et découvrir autour un gris fait de vert dominer sur la route les façades des tours proches les stores comme des ventres et les autos de passage un gris liant chaque chose que le jaune révélait

Il avait fallu que le garçon de café à la chemise blanche revienne qui était rehaussée d’un gilet rouge pour que le feu gagne la scène et dessine le piéton interdit de traverser et au dos des voitures celui signalant d’un éclat le stop imminent

Emmanuel Delabranche

«dans la rue un soir d’été gare de Lyon où j’étais»

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506756

photographie de l’auteur

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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