Une bonne éducation

Elle se rappelait pourtant bien, quand elle s’était trouvée avec sa tante, il y avait deux années de cela, au parloir des Sœurs, elle se rappelait bien leur renâclement à accepter dans leur volière blanche un ti-bâtard-chinois jaune-caca. Mais sa tante avait dû les chatouiller dans le bon sens, car elles s’étaient mises à rire frénétiquement et à s’emparer de la grosse enveloppe qu’elle leur tendait.

En classe, au réfectoire ou au dortoir, Kim aurait presque oublié qu’elle n’était la fille de personne, tant elle était dorlotée. Née d’un père africain et d’une mère chinoise, oublieux l’un et l’autre de Dieu et du mariage, ils s’étaient taillés la route laissant Kim à la sœur de sa mère.

Peut-être, se disait la tite-marmaille, qu’elle devrait être reconnaissante à madame sa tante de la promotionner ainsi par une éducation de petite-bourgeoise pleine de promesses en attendant de devenir la femme d’un jeune directeur de commerce import-export, et ce qui ne gâtait rien, impliqué dans la vie politique de l’île. Mais elle savait aussi qu’elle était l’appât dont se servait sa tantine pour se faire une entrée remarquée dans la société fermée des Créoles blancs.

Monique Agénor

«La maison de Wencheng»

dans

«Ravine à malheurs»

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814504370/ravine-a-malheurs

image http://www.micimmo.com/2361.html

le rapport est vague, tant pis – j’aime bien

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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