Les grandes plaines

Que faire de l’accablement des plaines,

De la faim lancinante de leur miracle ?

Car ce qui nous paraît en elles immense,

Nous le voyons de nos yeux, nous assoupissant, et nous le contemplons,

Et la question ne cesse de grandir :

Où vont-elles ? Et d’où viennent-elles ? Et dirait-on pas

Que rampe lentement sur leur étendue

Celui dont nous crions le nom dans notre sommeil :

Des peuples futurs le Judas.

 

16 janvier 1937, Voronèje

Ossip Mandelstam

«Tristia – et autres poèmes»

traduction de François Kérel

Poésie/Gallimard

image http://vagabondsnomades.wordpress.com/2010/06/14/moscou-irkoukst/plaines-de-siberie-photos-par-david-k/

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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