En mer, en livre

s’enthousiasme de tant d’eau, de tant d’espace. Se dit alors qu’il aimerait retrouver cet appel entre les pages de son livre.

se sent suspendu plutôt que flottant, incapable de trouver un cap acceptable pour son livre, sa barque.

horizontalité comme seul avenir.

aimerait repousser l’inconnu, les limites et les barrières, mais clapote dans l’indistinct. Barbote son aventure confortable.

en place, vit sur cette perpétuelle étale ou le seul renflement est celui, lointain, de rares nuages.

rêve de vagues, de houles, de crêtes, de renflements et de creux, de sensations qui fasse battre le coeur, du frisson relatif de la péripétie.

se retrouvera allégé et solitaire, démuni, presque desquamé, désoeuvré, mais tellement heureux de cette fragilité nouvelle. Sans carapace.

voit si bien la scène : le livre non amarré quittant le rivage, s’éloignant sur les masses liquides, poids ôté. Qu’il flotte, peu importera.

rêve de poser un pied sur la terre, de quitter son livre.

espère un estuaire, une rive, une île, une plage, une terre, un bloc, une côte, une bordure, un rivage, une grève.. une matière ferme.

écoute, silencieux, la surface de l’eau se transformer en glace. Se demande s’il pourrait, lui aussi, changer d’état….

Éric Pessan

«Moi, je suis quand même passé»

Édtion Cousu-main

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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