Le livre de Nicholas

Nicholas Pratt, encore en pyjama, revint en se dandinant vers sa chambre. Il tenait une poignée de lettres qu’il venait de cueillir sous son paillasson et examinait l’écriture de chaque enveloppe pour voir combien d’invitations «sérieuses» pouvait contenir cet arrivage. À soixante-sept ans, son corps était «bien conservé» et ses Mémoires «attendus de longue date». Il avait connu «tout le monde» et tenait en réserve un «trésor d’anecdotes», mais la galanterie avait posé un doigt discret sur ses lèvres entrouvertes et il n’avait jamais écrit une ligne du livre auquel, de notoriété publique, il travaillait. Dans ce qu’il appelait le «grand monde», c’est-à-dire parmi les deux ou trois mille individus fortunés auxquels son nom disait quelque chose, il n’était pas rare d’entendre des hommes ou des femmes chuchoter anxieusement qu’ils «n’osaient même pas penser» à la façon dont ils étaient arrangés dans «le livre de Nicholas».

Edward St Aubyn

«Après tout»

Éditions Balland – 10/18

image http://link-zilla-news.blogspot.fr/2009_04_01_archive.html

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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