Le volcan

Il était en exil l’homme réfugié sur notre terre y posant son empreinte comme pour s’y accrocher et retenir son sel marin ses lumières et nous donner de sa main et d’inscrire un jour comme cette eau la mer la terre et le ciel à tous appartiendront et de la voir couler entre ses doigts de bronze l’eau et de voir la terre dessous et le ciel dessus et la mer si proche à le croire

Il y a eu ce trou dans la ville là où avant il n’y avait rien enfin juste du passage du passant et voilà que la ville advient l’espace se construit du vide le plein des murs se monter comme couchés tournant sur eux-mêmes encerclant et la ville de se dessiner entre de se glisser comme la main le vent la lumière magnifiée le sang de reprendre de taper il y a eu ce trou et il y a eu ce chantier qui monte comme pour ne pas s’arrêter et cette eau du sol qu’on doit vider pomper et la mer si proche la lui rendre qu’elle redonne aussitôt et il y a ce va-et-vient continu ce retour des éléments quand on pense que la main aujourd’hui est sèche et que la mer la terre le ciel jamais à tous n’appartiendront

Il y a eu ce vide dans la ville qui n’était place que par son nom simple sol simple vide lieu de tout et point d’espace et il y a eu ce vide creusé sur le vide existant devenant complexité et contexte devenant tout ville place espace lieu culture rassemblement

Il lui a fallu du temps au volcan pour se faire et qu’en son sein on se réchauffe il a fallu béton et hommes pour monter les coques et les dalles entailler le sol d’une échancrure sensuelle et délicate il en a fallu du blanc pour faire briller le sel sous la pluie le vent les embruns il en a fallu de l’adresse pour montrer mieux que les peintres la lumière des lieux et les ombres accompagnant

 

Emmanuel Delabranche

«une ville (13 boucles)»

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814506152/une-ville-13-boucles

image http://www2.archi.fr/DOCOMOMO-FR/fiche-havre-volcan.htm

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour Le volcan

  1. Cette écriture sans ponctuation nous oblige à un effort supplémentaire de lecture et qui, à la fin, se traduit par un fin plaisir de comprendre : « la mer la terre le ciel jamais à tous n’appartiendront »

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