Autoriser l’étude de la philosophie

Nous disons même : interdire l’étude des ouvrages de philosophie à ceux qui y sont aptes parce que l’on supposerait que c’est à cause de l’étude de ces ouvrages que certains hommes parmi les plus abjects se sont égarés, ne revient à rien de moins qu’à interdire à une personne assoiffée de boire de l’eau fraîche et agréable au goût, et que cette personne meure de soif, au motif que d’autres, en en buvant, ont suffoqué et en sont morts. En effet, la mort que l’eau produit par suffocation est d’ordre accidentel tandis que celle causée par la soif est d’ordre essentiel et nécessaire. Les accident qui ont pu advenir par cette science (la philosophie) peuvent tout aussi bien advenir par toutes les autres. Que de docteurs de la Loi pour qui la science de la Loi fut cause (accidentelle) qu’ils péchèrent par défaut de continence et s’immergèrent dans la vie mondaine ! Et c’est même le cas de la majorité d’entre eux, alors même que leur science requiert, par essence, la vertu pratique. Par conséquent, ce qui advient par une science requérant la vertu pratique est susceptible d’advenir aussi par une science requérant la vertu intellectuelle.

Averroès

«discours décisif»

traduction Marc Geoffroy

Flammarion

cité «la terre le feu l’eau et les vents»

anthologie dirigée par Edouard Glissant

Galaade

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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