la métaphore

  • Vous n’hésitez pas à verser fréquemment dans le commentaire de vos propres constructions verbales ou dans un jeu savant de mises en abyme, comme pour établir une complicité littéraire avec votre lecteur.
  • Mon auditeur, en l’occurrence. Cette idée d’un auditoire m’est assez agréable. Pour une fois que l’on en met un à ma disposition, ou dois-je dire à ma merci ?, je préférerais m’adresser à lui, si vous n’y voyez pas d’inconvénient.
  • On devine chez vous une très forte méfiance vis-à-vis des expressions toutes faites et parallèlement une très grande recherche de la métaphore la plus improbable. Quel est pour vous le signe de la réussite métaphorique ?
  • La métaphore, voilà une belle figure de la liberté dont nous jouissons, ou plutôt que nous pouvons prendre malgré elle à l’intérieur de la langue. J’aime détourner celle-ci de son usage, la détourner de l’usage, et la métaphore permet justement de créer cet écart maximum entre le mot et son objet qui mesure aussi notre marge de manœuvre dans un monde ordonné par le verbe. C’est toujours une construction extrêmement fragile, puisque édifiée par un seul homme dans une langue inventée par le génie de tout un peuple au cours des âges. Cette fragilité, et cet aplomb pourtant, m’émeuvent grandement, sans mentir. Quand je lis une métaphore réussie, j’éprouve aussitôt qu’un espace nouveau s’ouvre pour ma conscience, un lieu mental de plus pour elle où se retourner et faire face. Quelle est la difficulté d’écrire aujourd’hui : d’un côté, il faut refuser de se laisser engluer dans la langue garante du système en vigueur et de sa perpétuation ; d’un autre côté, il faut veiller sur le vocabulaire comme sur les choses mêmes et les êtres. Peut-être justement que la métaphore résout ce paradoxe, qui comprend à la fois la violence et le soin.

    Éric Chevillard

«Si la main droite de l’écrivain était un crabe»

http://www.publie.net/fr/ebook/9782814500181/si-la-main-droite-de-l-écrivain-était-un-crabe

image http://harry.mongongnon.pagesperso-orange.fr/crabe_terre.html

je sais..

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour la métaphore

  1. L’écriture n’est-elle pas en soi une métaphore qui pourrait s’illustrer en quelques occasions par un navire déserté tant l’âme est en souffrance?

  2. Arlette dit :

    en écriture ….et en image une sorte de surréalisme ? il me semble

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