« Faces » de Louis Imbert – lecture par Brigitte Célérier

« Si les images possédaient leur propre mémoire ? Que notre mémoire était déposée en elles ?…

quand L. Imbert écrit l’image, à nous refusée, c’est ce double jeu de mémoire et d’oubli qui se confronte, et se fait face. » dit Arnaud Maïsetti dans la présentation, et Jérémy Liron, « Le texte de Louis Imbert est le livre d’un regard posé sur ces images qu’il collectionne et sonde jusqu’à espérer qu’elles livrent quelque chose, qu’elles se disent. » dans la postface de « Faces » de Louis Imbert, publié par Publie.net, dans la collection « Art & portfolios » où ce livre sans image trouve très normalement sa place, aussi paradoxal que cela pourrait le sembler.

Texte sur des images absentes, que les mots nous donnent à voir avec précision :

« Hommes-vêtements, hommes-enveloppes : c’est très concret tout ça, ce ne sont pas seulement des images. C’est sur la pelouse d’un parc à Tanger un dormeur qui attend de passer en Europe, son visage est recouvert d’une manche de blouson ou d’un carré de tissus blanc contre le soleil tôt le matin, il a enroulé son corps, chevilles et poignets dans le tissu pour ne pas se réveiller humide. »

Texte sur le regard, la mémoire, sur notre rapport aux images.

Ce qu’elles représentent pour chacun de nous, mémoire, traces.. ou choc, fixation – ce que signifie le choix qui en est fait – ce qu’elles disent du regard de celui qui les a captées ou créées – ce qu’elles ne montrent pas – ce qu’elle sont, presque indépendamment de la réalité, ou en montrant peut être la réalité, au delà du regard forcément fugitif – ce qu’elles créent qui peut être leur écriture.

« Disons que ces images me fascinent justement parce qu’elles opposent une part de silence têtu aux récits du monde. »

Photos de presse collectionnées – corps et surtout visages, accidentés – un tableau, juste un, parce qu’ils sont trop fermés à l’interprétation – les trous dans l’image ou sur un mur qui font un visage dans lequel nous pourrions pénétrer – les images agrandies jusqu’à ne plus être qu’un paysage où chercher la vie de l’humain ainsi scruté.

« Une frange de cheveux plate, inégalement coupée ferme tout cela par le haut. A côté de lui encore, je me répète, mais il y a essentiellement cela et certains mots ne ferment pas l’image en redondance : il y a la neige. Il y a quelque chose qui rôde ici, c’est une instance d’effacement qui du doigt négligemment, d’évidence nous désigne. »

Images diverses, leur étrangeté, et la façon dont, sans le vouloir, elles nous renvoient aussi parfois à des moments de notre vie – jouer de leur assemblage, de leur juxtaposition – écouter leur discours.

Christine Jeanney a repris, pour mon plaisir, enfin le mien parmi autres, deux des critiques qu’elle avait données aux «Rendez-vous de lecture numérique» sur «oeuvres ouvertes»http://oeuvresouvertes.net/spip.php?rubrique87 sur son blog de critiques «Pages à pages»http://pagesapages.wordpress.com/ (vous conseille de le suivre) et cela m’a donné l’idée d’en faire autant et de reprendre mes quatre contributions, aujourd’hui avec « Faces » et les prochains jours.

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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Un commentaire pour « Faces » de Louis Imbert – lecture par Brigitte Célérier

  1. Nous serons attentifs aux prochaines contributions au cours des jours à venir

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