Orléans – Hôtel Régional – réunion du 23 mars 1998 – séance de 21 h 40

Monsieur Harang Président (UDF – RPR)

La séance est reprise.

Avant de procéder au vote par appel nominal à la tribune, je demande aux services de rappeler la liste des pouvoirs.

Monsieur Sapin (Gauche plurielle)

Je demande la parole.

Monsieur Harang Président

Je vous en prie.

Monsieur Sapin

Vous occupez ce siège depuis maintenant un certain nombre d’heures et quand je dis que vous l’occupez, le terme a quelques relents!

«Oh !» sur certains bancs de l’intergroupe de l’UDF et sur les bancs du groupe du Front national.

Depuis dimanche soir mais aussi tout au long de cette journée de lundi, un certain nombre d’événements et de déclarations sont à nos mémoires. Je pense qu’ils et qu’elles ne sont pas passés inaperçus de vous-même.

Les élections de Présidents ont eu lieu dans plusieurs régions.

Dans certaines, grâce à la détermination de ceux qui, à droite, ont voulu s’opposer aux alliances entre une partie de la droite et de l’extrême droite, c’est le suffrage universel qui a été respecté. Je pense, en particulier, à Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Dans d’autres régions, Haute-Normandie, Midi-Pyrénées, les élections ont eu lieu ; vos collègues Présidents ont été élus avec les voix du Front national et ont refusé de siéger ainsi, soutenus par ces seules voix. Ils ont démissionné dans la dignité. Ces démissions dignes ont été saluées, en particulier par vos amis politiques – dois-je encore les appeler vos amis ? – ceux qui se retrouvent sincèrement à l’UDF et au RPR, mais qui ne se retrouvent pas dans votre attitude. Cela vous laisse-t-il insensible ? Cela ne peut-il pas faire mûrir dans vos pensées une réflexion ? Tout cela vous laisse-t-il aussi muet que vous l’êtes depuis que vous avez été élu à ce fauteuil de Président ?

Le Président de la République s’est exprimé. Son propos était balancé : il a repéré à droite un certain nombre d’attitudes dont la votre qu’il a qualifiées, lui-même, d’indignes. Il a fait aussi des remarques qui concernaient les uns et les autres, à droite comme à gauche. Ses propos vous laissent-ils indifférent ? N’avez-vous aucune capacité à exprimer une réflexion sur les propos du Président de la République ? Restez-vous muet devant l’expression de la plus haute autorité de l’État ?

Le Président de la République a qualifié lui-même de «parti raciste et xénophobe» celui qui, aujourd’hui, est le principal soutien à votre présidence.

Monsieur Daude (Front national)

On ne se laissera pas insulter par le Président de la République !

Exclamations sur les bancs des élus de la gauche plurielle.

Monsieur Sapin

Je le répète, le Président de la République, lui-même, a donc qualifié de «raciste et de xénophobe» le parti qui est votre principal soutien.

J’écoutais dans les instants qui ont précédé ceux qui, d’un côté, disaient «démission», et cette demande de démission ne s’est pas exprimée uniquement dans nos rangs, ceux de la gauche plurielle.

J’écoutais aussi celles et ceux qui disaient : «Hareng, Pésident !» Ceux-là étaient au Front national.

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«Exercice de démocratie»

Les Solitaires intempestifs

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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