Remerciements

Merci à Roger Chabert pour m’avoir expliqué les règles du sudoku et du jeu de go, que mes personnages Timothy Kerrygan et Franko Salieri ont mises à profit dans ma nouvelle Voix des crânes.

 

Mon roman Veille de pandémie n’aurait pas eu autant de vraisemblance médicale si Madame Patricia Mourabenne, dite Patou, ne m’avait pas montré, avec une abnégation qui l’honore, les cicatrices qui la marquent au bas de l’épaule, au creux de l’aine et autour des chevilles. Qu’elle en soit ici chaudement remerciée.

 

La collection de cochons d’Inde empaillés qui intrigue tant mon détective Juan Gardel au début du roman Les vieilles passantes m’a été en quelque sorte prêtée par Monsieur et Madame Alchaïa, de Casablanca. Je ne saurais assez les remercier de m’avoir autorisé à entrer dans la pièce où est pieusement remisée leur collection personnelle, de m’avoir permis d’en prendre une photographie, et d’avoir eu le souci de me raconter en détail l’existence et les traits de caractère de chacun de leurs quatre-vingt-huit cochons d’Inde.

 

Alors qu’à la Bibliothèque centrale de Sào Paulo j’effectuais des recherches pour mon roman Naufrage sur le Curuguri, un lourd volume est tombé de l’étagère supérieure où il avait été relégué avec d’autres monstruosités doctorales de son espèce, et, en filant devant mon visage, il a cisaillé mon front. Je n’exprimerai aucune reconnaissance à son auteur qui a consacré plusieurs années à piller des dictionnaires de tupi-guarani pour recenser et commenter Les noms de légumes et de tubercules dans la littérature brésilienne contemporaine. Je mentionnerai en revanche Venus Vieira, la jeune stagiaire des métiers du livre qui a tamponné ma blessure tandis que je feuilletais, ébahi par l’abondance de mon sang et par l’inanité de certains travaux universitaires, un chapitre de cent soixante pages dédiées aux haricots noirs dans les écrits de l’entre-deux-guerres. Les premiers soins ayant pris fin, Venus Vieira m’a invité chez elle afin de surveiller de près l’évolution de ma cicatrice. Je n’oublierai jamais les quelques nuits que j’ai passées avec elle, ni l’odeur de cannelle de ses cheveux, ni l’audace extrêmement apaisante de ses caresses sur mon front et ailleurs.

Antoine Volodine

«Écrivains»

Seuil

image http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Bibliothèque_chateau_breteuil.jpg

bon le rapport n’est pas évident mais je l’aimais

A propos brigetoun

paumée et touche à tout
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2 commentaires pour Remerciements

  1. On ne dira jamais assez que Volodine peut être aussi drôle…

  2. Quel humour! Je ne saurais mieux que E. Legros Chapuis

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